La position stratégique du Mont Valérien sur
une colline de 162 mètres de haut eut tôt fait de séduire
religieux et militaires. |
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Projet du calvaire du Mont Valérien près
Paris. Eau forte. XVIIème siècle.
(Collection du Musée de Suresnes-René Sordes) |
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Suresnes, le Fort du Mont Valérien.
Carte postale.
(Collection du Musée de Suresnes-René Sordes)
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Dès le XVe siècle,
le Mont accueillit quelques laïcs désireux de
mener une vie solitaire faite de prières et de méditations.
En 1554, Guillemette Faussart sera la première femme
à choisir de vivre recluse au sommet de la colline.
Trois grandes croix furent édifiées près
de son oratoire, faisant référence au Golgotha.
C'est ainsi que le Mont Valérien fut appelé
"calvaire" pendant plus de deux siècles.
Une communauté d'ermites se constitua à la fin
de XVIe siècle. Ces laïcs vivant de
leur travail prononçaient des vux temporaires,
et accueillaient des hôtes parfois très célèbres
pour de courtes retraites.
La création du pèlerinage du Mont Valérien
vint plus tard en 1634, à l'initiative d'Hubert Charpentier,
professeur de théologie et prédicateur réputé.
Un escalier monumental servait d'axe central à un chemin
de croix constitué de chapelles, dont la construction
était financée par des personnalités
de la cour. Leur décor peint, grandeur nature, représentait
les scènes de la Passion. On y venait faire pénitence,
même si parfois on s'arrangeait avec sa conscience !
C'est le cas d'un pêcheur dont l'histoire nous est racontée
par Mercier dans son ouvrage Les Tableaux de Paris. Cet homme
décidé à expier sa faute n'en était
pas moins résolu à s'épargner des souffrances.
Son confesseur lui demanda de se rendre au calvaire à
pied, avec des pois dans chacune de ses chaussures. Il accepta
mais décida de faire cuire les pois, les replaça
et fit l'ascension sans difficulté et la conscience
tranquille
Mais cette destination religieuse disparut avec la restauration.
Le fort, construit à partir de 1840, participa à
la fortification de Paris décidée par Thiers.
Sa position menaça constamment les troupes prussiennes
lors de la guerre de 1870. Pendant le conflit fratricide de
la commune, il fut le seul des forts parisiens à échapper
aux fédérés.
Ironie du sort, après avoir été le symbole
de la résistance contre l'Allemagne, le fort devint
le lieu d'exécution des résistants pendant la
seconde guerre mondiale. Il abrite à l'heure actuelle
le 8e régiment de transmissions et le musée
de la colombophilie militaire. De son passé religieux
subsiste deux cimetières datant du XIXe
siècle, aujourd'hui abandonnés : le cimetière
du Midi-Notre-Dame-des-Sept-Douleurs réservé
aux ecclésiastiques, et le cimetière Nord-Saint-Joseph
pour les laïcs. Ils sont séparés par un
grand escalier, dit "des cent marches".
Le Mont Valérien accueille également sur ses
pentes le
cimetière américain inauguré en 1919,
et le Mémorial de la France Combattante du Mont Valérien
élevé le 18 juin 1960.
Ce monument reçoit chaque année l'hommage solennel
du Président de la République, des compagnons
de la Libération, du commandement du Fort et de tous
les français parmi lesquels le Maire de Suresnes et
nombre de suresnois, lors de la commémoration de l'Appel
du 18 Juin 1940.
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