En 1867, l'architecte Denis Darcy achève la construction
d'une des propriétés les plus extravagantes de
Suresnes : la demeure Worth. |
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S'étalant sur plus de 15 000 m2, elle associait la
théâtralité dans les espaces privés (habitat et
jardins), à une relative austérité en façade, non
sans rappeler les châteaux médiévaux et les palais
florentins de la renaissance. L'originalité de son décor
relève du courant artistique appelé historicisme,
réunissant les influences des siècles passés pour
créer un ensemble parfois surprenant
En se promenant dans l'immense jardin irrégulier et pittoresque aux
pelouses accidentées, on découvrait un décor fait de
ruines tels les tableaux d'Hubert Robert. Cette esthétique de la ruine
associée à une nature recomposée pour marquer l'action
destructrice du temps, remontait au XVIIIème siècle avec la
tradition des fabriques. On pouvait découvrir au détour d'une
allée des sculptures du Château des Tuileries (après sa
destruction par la Commune), ornant les bosquets, les pavillons et les
cascades. Les serres accueillaient des essences exotiques, témoignant
d'un intérêt renouvelé pour l'évasion.
Worth (1825-1895), couturier de l'impératrice Eugénie et de la
princesse de Metternich, va pendant de nombreuses années régner
sur l'élégance parisienne, et participer ainsi aux fastes du
Second Empire marquant le triomphe de la bourgeoisie.
De cette propriété, seuls subsistent le pavillon d'entrée
avec sa grille-porte surmontée de deux escargots qui furent
l'emblème du couturier, ainsi que le pavillon de style anglo-normand
construit en 1872. La demeure et le parc ont été détruits
dans les années trente pour y construire l'hôpital Foch.
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